Permis de chasse à 200 €

Le président de la Fédération Nationale des Chasseurs communique :

 

 

 

Willy SCHRAEN

 

Le communqiué :

Mes chers amis chasseurs,

J'ai laissé passer quelques jours après ce début de semaine médiatiquement très mouvementé.Néanmoins, il est temps pour moi de ré expliquer clairement le permis national à 200€, pour que tout le monde comprenne bien les choses maintenant que nous avons obtenu la validation de cette réforme par le Président de la République .

Nous aurons donc, à partir de la saison 2019/2020, une validation nationale à 200€, sans aucune autre taxe, sans aucun autre timbre! Ce prix de 200€ permettra de chasser partout sur le territoire national, et de pratiquer tous les modes de chasse sans aucun ajout supplémentaire. Évidement les coûts locaux d'adhésion à une société de chasse, une acca, une chasse privée, ou uneassociation, n'entrent pas dans ces 200€. Ceci est déjà aujourd'hui le cas partout où les chasseurs se déplacent avec une validation nationale, mais je le redis clairement, pas de timbre grand gibier à prendre en plus des 200€.

Du côté du permis départemental, il n'y a aucun changement. C'est à dire que c'est bien toujours la fédération départementale qui en fixe le prix, ainsi que le prix de son timbre dégâts, et la FNC n'a pas à se mêler des décisions des présidents départementaux et de leur conseil d'administration. Il me faut également vous dire en toute transparence qu'une négociation sera sûrement effectuée

entre l'état et les départements à loi locale, qui souhaitent un autre système de financement pour maintenir leur fond cynégétique dégâts.

Même si une écrasante majorité de chasseurs semblent satisfaits, j'entends et je lis parfois quelques propos qui ne me conviennent pas, ou disons le clairement, qui sont instrumentalisés par des intérêts politiques qui n'ont rien à faire dans la chasse.

Par ailleurs je sais que certaines personnes issues du monde cynégétique ont lancé une polémique sur cette proposition de la chasse française, en reprochant à ce projet de ne pas satisfaire tous les chasseurs par une baisse de leur permis. Soyez déjà assuré que le prix de 200€ ne sera jamais un permis de riches ! Pour ces derniers , 200, 400, 800€... Ce n'est sûrement pas un problèmequand on peut se payer régulièrement des journées de chasse qui coûtent pour une seule prestation bien plus que cela.

Par contre à 200€, c'est le rêve enfin accessible pour tous les chasseurs, même les plus modestes. Cette mesure sera d'ailleurs associée d'un paiement fractionné validé par l'Etat, ce qui devrait permettre à un plus grand nombre d'entre vous d'y accéder. Cette mesure sera également utilisable pour les permis départementaux. N'oubliez pas non plus que ce permis correspond à la demande des plus jeunes générations, qui souhaitent pouvoir enfin profiter d'une mobilité accrue par la baisse des coûts fixes de la chasse. C'est donc le permis de l'avenir qui vient de voir le jour, et qui risque de séduire rapidement de très nombreux chasseurs jeunes et moins jeunes, qui vont pouvoir aller chasser dans la famille ou chez des amis . Cette mesure doit répondre aussi à notre objectif de développer la chasse et de favoriser la mobilité pour mieux contribuer à la régulation des sangliers.

Bien sûr certains d'entre vous ne le prendront jamais mais je vous demande d’avoir le reculnécessaire pour apprécier le geste vers ceux qui l'appelaient de leurs vœux depuis longtemps. Par contre, et je le répète encore, rien n'augmentera pour les autres.

Au cours des négociations avec le Gouvernement et avec le Président de la République, vous avez été nombreux à entendre parler d'un projet de permis unique. Nous avons regardé de près ce scénario car l’Elysée et Sébastien Lecornu étaient prêts à aller dans ce sens.

Après réflexion, suite à de nos nombreuses réunions avec le Secrétaire d’Etat c’est moi qui ai

refusé cette solution pourtant séduisante. Pourquoi ? La raison principale est que l'enveloppe globale des dégâts de sangliers atteint aujourd'hui 60 millions d'euros et celle-ci pourrait s’accroître avec l'augmentation du prix des céréales qui devrait encore monter significativement dans l'avenir. Les dégâts de sangliers c'est notre Talon d'Achille d'un point de vue financier !

Dans la situation actuelle, mettre un permis qui supprimait toute marge de manœuvre financière pour les fédérations, aurait conduit la chasse française à une prise de risque maximum dans de nombreuses fédérations. C'est pourquoi parallèlement à cette réforme, il y a maintenant une réelleurgence à remettre totalement à plat le système d’indemnisation des dégâts de gibier qui étouffela chasse en l'empêchant de se réformer totalement, et qui mécontente également le monde agricole. Je sais que ces arguments peuvent paraître inaudibles pour les chasseurs qui ne

 

connaissent pas ou peu les problèmes de dégâts, mais une réforme globale est nécessaire entenant compte de nos différences cynégétiques et géographiques. Le permis à 200€ nouspermettra sûrement de faire à nouveau évoluer la chasse française dans les années à venir, mais il marque surtout le début d'une ère historique, celle de voir les chasseurs mettre un terme à la baisse de nos effectifs pour partir à la reconquête de nouveaux chasseurs ou d’anciens quivoudront reprendre.

Pour toutes ces raisons, je vous demande d'être solidaires et unis sur cette réforme historique, et d'imaginer que c'est un projet global et sur le long terme !

J'en profite aussi pour vous écrire quelques mots sur mes relations actuelles avec les dirigeants nationaux de l'agriculture, et surtout avec la présidente de la FNSEA, madame Christiane LAMBERT. Les surenchères médiatiques venant des deux camps, ne peuvent que mener à une fracture relationnelle qui ne peut que desservir les intérêts ruraux. Le dialogue est difficile entre nous, mais cette situation prend en otage les chasseurs et les agriculteurs de terrain qui n'ont rien à voir avec ce mauvais vaudeville parisien. Jeudi soir nous serons reçu par le secrétaire d'état Sébastien LECORNU que je remercie pour son initiative.

Chacun devra prendre de la hauteur, et chacun devra savoir écouter les problèmes de l'autre. En

ce qui me concerne, j'y vais avec un esprit d'ouverture, et une volonté de trouver une solution d'apaisement, pour pouvoir enfin travailler sur la ruralité qui, elle, ne peut plus attendre.

Amitiés, en St Hubert Willy SCHRAEN

 

  



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