
Une espèce invasive, aussi appelée espèce envahissante est une espèce végétale ou animale introduite, volontairement ou non, par l'homme, et qui devient nuisible et menace la biodiversité locale et l'environnement là où elle s'est naturalisée.
Une espèce invasive peut causer des problèmes écologiques et économiques plus ou moins graves pour la population et l'environnement. Les espèces invasives sont considérées comme une menace importante pour la biodiversité.
Le Ragondin (Myocastor coypus) de la famille des myocastoridés

Le Ragondin est un gros rongeur herbivore introduit en Europe au XIXème siècle pour l’exploitation de sa fourrure, et retourné à l’état sauvage après s’être échappé d’élevages. Il s’est acclimaté dans de très nombreuses régions du Sud de la France car il supportait mal les hivers rigoureux. Aujourd'hui, ils sont présents sur l'ensemble du territoire français (sauf en Corse et à la pointe de la Bretagne).
Aire d’origine et de colonisation
Ce gros rongeur semi-aquatique (inféodé aux zones humides), originaire d'Amérique du Sud, s'est naturalisé en Asie (au Japon), en Afrique orientale, en Amérique du Nord, en Europe au XIXe siècle pour l'exploitation de sa fourrure bon marché.

Les ragondins ont été importés en France vers 1882 pour la pelleterie. En 1927, l’élevage commercial du ragondin pour la fourrure débute en France. Dans les années 1930, des éleveurs, à la suite de la baisse de la demande de peaux liée à la situation économique, ont relâché des ragondins qui ont alors prospéré. Échappé d’élevages ou relâché, il s’est installé dans les cours d’eau, les étangs ou les marais. Leur élevage s'est accru depuis les années 1980.
Statut du Ragondin
De son classement “nuisible” à “espèce exotique invasive”.
En Europe, le ragondin est inscrit depuis 2016 dans la liste des espèces exotiques envahissantes (EEE) préoccupantes pour l’Union européenne. Cela signifie que cette espèce ne peut pas être importée, élevée, transportée, commercialisée, ou libérée intentionnellement dans la nature, et ce nulle part dans l’Union européenne.
Sur le territoire de l’Union européenne, on estime que 10 à 15 % des 12 000 espèces exotiques sont invasives. Ainsi, afin de limiter leurs impacts, les espèces exotiques envahissantes ne font par principe, que l’objet d’une interdiction d’introduction dans les milieux naturels.
En France, il est inscrit officiellement sur la liste des espèces d’animaux non-domestiques susceptibles d'occasionner des dégâts (ESOD). Il est également sur la liste publiée par la Commission européenne dans le cadre du règlement relatif à la prévention et à la gestion de l'introduction et de la propagation des espèces exotiques envahissantes. Dans certaines régions, il a fait l'objet de plans de lutte collectifs par des groupement de défense contre les organismes nuisibles (GDON), à l'échelle de dizaines de communes. Les méthodes de lutte contre le ragondin sont les mêmes que celles autorisées pour les autres espèces nuisibles : tir au fusil, tir à l'arc, piégeage, déterrage...
Situation des populations acclimatées dans nos départements
Le ragondin colonise rapidement l’ouest et le sud de la France. Tous les individus présents dans ces régions proviennent à l'origine d'évasions ou de lâchers volontaires. On remarque alors qu’il est sensible aux grands froids et que quelques semaines de gel sévère peuvent réduire très fortement ses populations. Mais on observera ensuite que celles-ci se reconstituent très rapidement.
Evolution des populations dans le département de l’Aisne :

Prédateurs
Dans leur environnement d'origine, les populations de ragondins sont régulées naturellement par leurs prédateurs, comme les caïmans, le puma, l’alligator et le jaguar qui ne font en effet pas partie de la faune locale.
Dans les pays où il a été introduit, le ragondin n'a aucun prédateur naturel, tout du moins à l'état adulte. Les jeunes ragondins sont parfois les proies de mammifères prédateurs comme la fouine, le renard, ou des oiseaux comme le busard des roseaux, la buse variable et la chouette effraie.
Nuisances liées au ragondin
Le ragondin, par son mode de vie et sa qualité d'espèce invasive, influence et transforme considérablement son habitat. Il déstabilise l'écosystème aquatique par sa surconsommation de plantes aquatiques et par sa destruction des nids d'oiseaux aquatiques.
Lutte collective nécessaire contre le ragondin - Les enjeux sont :
- Sanitaire : Santé des végétaux : Destruction de parcelles agricoles céréalières ;
- Sanitaire : Santé humaine et animale : Potentiellement vecteur de maladies ;
- Ecologique : Utilisation des ressources et modification de l’habitat des espèces locales ;
- Economique : Effondrement des infrastructures routières et hydrauliques…

Il est accusé en particulier de :
- Dégradation et mise à nu des berges favorisant leur érosion progressive ;
- Fragilisation des fondations d’ouvrages hydrauliques par le réseau de galeries ;
- Dégâts causés aux cultures (céréales, maraîchage, écorçage dans les peupleraies…) ;
- Menace sur certaines espèces végétales (surtout aquatiques) par ce faucardeur ;
- Destruction des nids d'oiseaux aquatiques ;
- Possibilité de transmission de maladies telles que la douve du foie ou la leptospirose…
Régulation
Le ragondin peut être piégé toute l’année et en tout lieu sur l’ensemble du territoire métropolitain. L’obligation d’être titulaire d’un agrément n’est pas nécessaire dès lors que les personnes piègent les rats musqués et les ragondins au moyen de boîtes ou de pièges-cages.
Pour le piégeage du ragondin à l’aide de cages-pièges avec compartiment à appât, les appâts utilisés peuvent être : Pain, pain de mie, pain de maïs, pommes, carottes, betteraves, feuilles d’endives…
Le ragondin peut, toute l’année, être :
– détruits à tir ;
– déterrés, avec ou sans chien ;
Article R427-10 du C.E. : L'emploi des produits toxiques (par empoisonnement) pour la destruction des espèces d'animaux classés susceptibles d'occasionner des dégâts est interdit.
Il est chassable de l’ouverture générale à la fermeture générale de la chasse.

Génétique du Ragondin - La pigmentation du poil
La plupart des espèces animales n’apparaissent pas en noir et blanc, mais sous une palette variété de couleurs, organisées de manière plus ou moins complexe. La pigmentation chez les mammifères résulte de la présence de mélanines, de carotènes et d’hémoglobines.
S’il est assez courant d’apercevoir cet animal sur les berges des rivières, étangs, plans d’eau, il est plus rare d’en voir un... tout blanc ! Les couleurs dominantes du pelage chez le ragondin sont le gris et le marron avec des nuances plus ou moins claires pouvant aller du brun foncé au jaune-blanc. Il arrive de temps à autre qu'un piégeur retrouve dans une de ses cages piège un ragondin "blanc".
Il peut s’agir d’albinisme (déficit de production de mélanine), qui touche, sous diverses formes, les humains comme les animaux, ou encore de leucisme, qui n’altère pas la couleur des yeux et qui s’observe le plus souvent chez les animaux.
En fait, il s’agit certainement d’un individu présentant une anomalie génétique entraînant un déficit de cellules pigmentaires et donc une absence de coloration des poils, mais aussi de la peau, voire des yeux (qui sont alors rouges ou violacés). Pour en savoir plus sur la particularité génétique de cet animal, il faudrait effectuer des prélèvements afin d’analyses.

Lors des opérations de piégeage, quelques piégeurs ont pu constater dans leurs captures des différences de couleur du pelage de ragondins (en passant par le gris, jaune « paille » ou le noir…).
Quelle pourrait en être la cause ?
La couleur d'un poil est due à la présence de mélanine, qui est un pigment synthétisé par des cellules présentes dans le tégument. Ce pigment est le principal responsable de la coloration de la peau et des poils, et il est aussi un élément majeur pour la protection de la peau contre les UV.
Les ragondins ayant un pelage avec des nuances de couleurs différentes, dont certains éleveurs jadis, ont fait varier artificiellement les couleurs de leur robe pour les besoins du marché de la pelleterie. Cette modification génétique du follicule pileux pourrait être la cause de cette résurgence de pigmentation différente.

En témoignage, c'est le cas dans la commune de Fargniers pour monsieur DIDDRICK Roger, piégeur agréé sur le plan d'eau de la Frette et les étangs de la GSM. En effet, il nous a rapporté que cela faisait plusieurs fois qu'il capturait des ragondins dont la couleur du pelage était grise et dont quatre d'entre eux avaient un pelage noir.

Ce piégeur engagé dans sa commune, nous à confiés qu'il prenait une cinquantaine de ragondins par an et pouvant aller jusqu'à six prises par semaines.
Nous le remercions pour nous avoir partagé son expérience et pour l'importance de ces remontées d'informations afin de mieux connaître l'évolution de ces populations et nous l'encourageons à poursuivre dans cette lutte contre cette espèce invasive.
Un record de ragondins et rats musqués capturés dans la Manche

Ajouté le 03/12/2021 par Frédéric LEJA - 1 réaction




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Le 31-07-2024 à 21:59:13