Le piégeage de façon responsable !
Les bonnes pratiques à adopter par le piégeur et le chasseur lors de leurs interventions.
Le piégeage doit être réalisé de façon responsable, en respectant la biodiversité.
Une bonne éthique des méthodes de piégeage qui respecte l’animal piégé, participera à la reconnaissance de notre activité.
La Loi pour la reconquête de la biodiversité de 2016 où le terme d’espèces auparavant appelées « nuisibles » à été remplacé par le terme d’ESOD, qui revêt donc un caractère administratif. Les ESOD ont un statut juridique qui leur est propre. En outre, les listes des espèces classées ESOD sont définies par arrêté de l’autorité administrative.
Le classement d’une espèce dans une de ces 3 catégories autorise la destruction de l’animal par des modes alternatifs à la chasse tel que le piégeage, le furetage, le déterrage etc…, selon les conditions réglementaires d’exercice de la destruction des ESOD et selon certaines périodes spécifiques. Cependant, l’espèce doit causer des atteintes significatives aux intérêts protégés pour être considérée comme ESOD. En outre, le montant des dégâts ne peut être faible. Il doit atteindre un seuil suffisant en deçà duquel l’espèce ne peut être légalement classée.
Malgré le rôle important que jouent les piégeurs et chasseurs dans le maintien de l’équilibre entre faune sauvage et activités humaines, les interventions de destruction sur les espèces susceptibles d’occasionner des dégâts (ESOD) font l’objet de vives critiques auprès d’une opinion publique de plus en plus attentive à ces questions. Chasseurs et piégeurs doivent désormais davantage prendre en compte dans leurs pratiques cynégétiques cette sensibilité du public.
Ces mesures visent à proposer quelques bonnes pratiques cynégétiques à adopter afin de concilier au mieux les actions de piégeage et de destruction des ESOD avec l’opinion publique.
Pour asseoir leur légitimité auprès de l’opinion publique, les chasseurs et piégeurs doivent adopter des pratiques qui tiennent compte de la sensibilité du public au bien-être animal. Face à cette pression sociétale de plus en plus forte, les techniques cynégétiques ont évolué et les chartes des bonnes pratiques se sont multipliées.

Voici donc quelques bonnes pratiques cynégétiques à adopter en ce sens :
- Pour une meilleure prise en compte du bien-être animal
La notion de bien-être animal ne s’applique pas qu’à l’encontre de l’animal chassé ou piégé.
Les ESOD étant dotées de sensibilité, leur dénomination péjorative « nuisible » ne doit pas justifier le fait qu’elles soient traitées sans considération. L’animal doit inspirer le plus grand respect.
Pour ce faire, il doit être servi rapidement et aussi nettement que possible afin de lui éviter toute souffrance. La dague ou l’arme à feu doivent donc être privilégiées dans les opérations de mise à mort.
- Pour une meilleure prise en compte de la sensibilité du public
Afin d’éviter les attroupements de personnes, le piégeur doit intervenir rapidement pour prévenir de toute émeute ou altercation avec les personnes qui s’opposeraient à une telle intervention.
Les interventions doivent s’opérer dans le respect d’autrui. Des relations courtoises doivent être assurées avec les personnes environnantes.
- Pour une meilleure prise en compte des espaces
Les interventions des chasseurs et des piégeurs doivent s’effectuer dans le respect de la faune et de la flore. Exemple, suite à une action de déterrage, les piégeurs et chasseurs doivent remettre en état le terrier afin que d’autres animaux puissent y être abrités.
Les chasseurs et les piégeurs participent activement à l’entretien des espaces ruraux et naturels.
Exemple, entretenir et dégager les chemins, replanter des haies …
L’intervention des chasseurs et des piégeurs doit s’effectuer dans le respect des clôtures et des jeunes cultures. Exemple, ne pas marcher sur les semis de maïs. Par ailleurs, ils doivent également veiller à respecter les limites des jardins privés, dans lesquels ils ne peuvent entrer qu’après autorisation du propriétaire.
La mise à mort de l’animal
L’activité piégeage et la destruction ne constitue pas un acte de chasse mais une activité d’intérêt général qui ne nécessite pas forcément l’obtention du permis de chasser. Ainsi, le possesseur, le fermier ou leur délégataire non chasseur peuvent exercer des activités de destruction.
La mise à mort des animaux capturés classés nuisibles dans le département doit intervenir immédiatement et sans souffrance.
- S’il s’agit d’un animal classé ESOD ou (EEE) espèce exotique envahissante, il est interdit de le relâcher. En effet, le lâcher d’un animal classé EEE est interdit par le code de l’environnement.
- S’il s’agit d’un animal non classé ESOD, l’animal doit être relâché immédiatement.
- La destruction des animaux domestiques en divagation est par principe interdite. En cas de capture accidentelle, chiens et chats seront remis à la fourrière municipale. Seul le maire est habilité à procéder ou à faire procéder à la capture d’un animal domestique errant, après avoir pris un arrêté en ce sens. Ce cas de figure s’applique aussi aux pigeons dits « de ville » ou « de clocher ».
Le tir des ESOD par arme à feu
Le tir par arme à feu des ESOD ne peut intervenir que de jour, c’est-à-dire à compter d’une heure avant le lever du soleil jusqu’à une heure après le coucher du soleil, au chef-lieu du département.
Pour rappel, l’utilisation de la grenaille de plomb dans les zones humides est interdite. Au regard de la réglementation, sont considérées comme des zones humides, « les terrains, exploités ou non, dont la végétation, quand elle existe, y est salée ou saumâtre de façon permanente ou temporaire, ou dont la végétation, quand elle existe, y est dominée par des plantes hygrophiles pendant au moins une partie de l’année » - Article L.211-1 du code de l’environnement.
La mise à mort ne constituant pas un acte de chasse, le piégeur non titulaire d’un permis de chasser peut utiliser une arme pour servir l’animal.
Toutefois, s’il est autorisé à l’utiliser, il n’est cependant pas autorisé à détenir une telle arme, à en acheter une, à la transporter ou à acheter des munitions pour celle-ci. En effet, les achats et le transport d’une telle arme sont réservés aux détenteurs d’un permis de chasser valider.
Depuis le 1er août 2018, certaines armes dites d’apparences civil (cal. 6mm, 9mm …), qui étaient classées en catégorie D, passent en catégorie C et doivent être déclarées.
Arme de catégorie D (acquisition et détention libres) : carabine air comprimé de faible puissance < 20 joules…
Les armes de la catégorie D peuvent être achetées et détenues librement (avec quelques restrictions, notamment en matière de vente aux mineurs).
Vous devez être majeur pour acquérir une arme de catégorie D (y compris ses éléments et munitions).
Code de la sécurité intérieure
Chapitre V : Port et transport
Port d'arme : fait d'avoir une arme sur soi utilisable immédiatement ;
Transport d'arme : fait de déplacer une arme en l'ayant auprès de soi et inutilisable immédiatement.
Sont interdits, sans motif légitime, le port et le transport des matériels de guerre, armes, munitions et de leurs éléments des catégories A, B et C, ainsi que des armes, munitions et de leurs éléments de la catégorie D figurant sur une liste fixée par un décret en Conseil d'Etat.
*Le permis de chasser vaut titre de transport légitime pour les armes, munitions et leurs éléments qu'il permet de détenir.
*Le permis de chasser accompagné de la validation de l'année en cours ou de l'année précédente vaut titre de port légitime des armes, munitions et de leurs éléments qu'il permet d'acquérir pour leur utilisation en action de chasse ou pour toute activité qui y est liée.
Que faire des dépouilles des animaux abattus ?
La gestion des déchets d’animaux :
Au regard de la réglementation européenne, il est possible de laisser sur place et ne pèse aucune obligation de collecter les sous-produits d’animaux, si le chasseur applique des bonnes pratiques de chasse et d’hygiène.
C’est-à-dire que les sous-produits d’animaux doivent être déposés en petite quantité et hors du passage du public et dans des lieux peu fréquentés, de sorte que le dépôt des sous-produits ne doit pas être source de nuisance ou de pollution. Ainsi laissés dans la nature, les sous-produits pourront contribuer au cycle de la chaîne alimentaire.
Elimination des cadavres : Article L 226-3 du Code Rural
- Si le lot d’animaux pèse moins de 40 kg, il est possible de les enterrer, mais à une distance supérieure de 35 m de toute autre habitation, points d’eau, lieux publics, à une profondeur d’au moins 1 mètre ;
- Si le lot d’animaux pèse plus de 40 kg, il est obligatoire de s’adresser à un centre d’équarrissage. Dans le cas de luttes collectives, ce service peut être pris en charge par l’Etat.

Que risque le piégeur en cas de non-respect des règles précitées ?
Un piégeur agréé qui ne respecterait pas les dispositions précitées encourt des sanctions administratives et pénales.
- Des sanctions administratives
En cas de non-respect entourant la chasse, le piégeage et/ou la protection de la nature, le préfet, par une décision motivée, peut suspendre l’agrément. La durée de suspension de l’agrément ne peut excéder 5 ans.
- Le piégeur encourt jusqu’à 15 000 euros d’amende et un an d’emprisonnement s’il procède à la destruction d’une espèce protégée.
- Le fait d’infliger de graves sévices et des actes de cruauté à l’encontre de tout animal domestique, apprivoisé ou tenu en captivité, est punit de 30 000 euros d’amende et de 2 ans d’emprisonnement.
- Les piégeurs et chasseurs encourent une amende prévue pour les contraventions de 5ème classe (jusqu’à 1500 €, mais peut être portée à 3000 € en cas de récidive) lorsqu’il :
- Contrevient aux dispositions législatives et réglementaires relatives aux modes et moyens de destruction des ESOD ;
- Utilise des drogues, des appâts ou des substances toxiques de nature à détruire ou à faciliter la destruction des ESOD ;
- Utilise des armes interdites pour la destruction par tir des ESOD.
- Le piégeur encourt une amende prévue pour les contraventions de 4ème classe (451 à 750 € ou timbre amende de 135 €) lorsqu’il :
- Contrevient aux conditions d’utilisation des pièges ;
- Contrevient aux dispositions réglementaires relatives à l’utilisation des appeaux, appelants vivants ou artificiels pour la destruction des ESOD ;
- Contrevient aux dispositions réglementaires relatives à l’utilisation de munitions pour la destruction des ESOD.
La collecte et le traitement des données par les Fédérations départementales des chasseurs en vue des futurs classements ESOD
Les Fédérations départementales des chasseurs (FDC) assurent la récolte des données en vue du futur classement des ESOD de catégorie II, classées par le ministre chargé de la chasse, et de catégorie III, classées par le préfet du département. Le classement des ESOD de catégorie I étant pérenne, la récolte des données concernant ces espèces n’est pas utile. Il ne sera donc question ici que de la récolte et du traitement des données relatives aux espèces de catégorie II et III.
Assurer la récolte des données en vue des futurs classement ESOD est essentiel. Les éléments récoltés doivent être suffisamment probants. Si les données sont insuffisantes ou inexistantes, les autorités publiques ne procèderont pas au classement de l’espèce.
L’ensemble des données récoltées relatives à une espèce, doit ainsi démontrer que :
- L’espèce est répandue de manière significative dans le département et que, compte tenu des caractéristiques géographiques, économiques et humaines de ce dernier, la présence de l’espèce en question, est susceptible de porter atteinte aux intérêts mentionnés à l’article R.427-6 du code de l’environnement* ;
*Dans l’intérêt de la santé et de la sécurité publique, pour assurer la protection de la faune et de la flore, pour prévenir des dommages importants aux activités agricoles, forestières, aquacoles, ou à d’autres formes de propriété.
- L’espèce est à l’origine d’atteintes significatives aux intérêts protégés par les dispositions de l’article R.427-6 du code de l’environnement.
La récolte et le traitement de ces données s’effectuent :
- Sur une période de 3 ans à compter du 1er juillet de la première année jusqu’au 30 juin de la 3ème année pour le classement des ESOD de catégorie II ;
- Sur une période d’un an à compter du 1er juillet de la première année jusqu’au 30 juin de l’année suivante pour le classement des ESOD de catégorie III.
En raison de la difficulté à récolter les données au dernier moment et de la charge de travail que cela représente, les FDC sont vivement encouragées à procéder à la collecte et au traitement des données au fur et à mesure durant ces périodes. Les FDC assurent ainsi la récolte des relevés de capture des piégeurs, des prélèvements effectués au cours des saisons cynégétiques précédentes et des déclarations de dégâts effectuées par des particuliers ou des agriculteurs.
Après avoir procédé à leur récolte, les FDC doivent ensuite assurer le traitement de ces données.
À titre d’exemple, elles peuvent :
- Comptabiliser le nombre de parcelle ayant fait l’objet d’une indemnisation de remise en état ou d’une indemnisation de perte de récolte ;
Calculer le montant total en euros des indemnisations versées aux exploitants agricoles (remise en état + perte des récoltes) ;
- Définir la surface totale des cultures détruites, calculée en hectare ;
- Définir le volume total des récoltes détruites ;
- Mesurer les caractéristiques du département (Cf. site de l’INSEE, de l’AGRESTE …) ;
- Évaluer la tendance d’évolution des populations ;
- Cartographier les dégâts sur le territoire du département.
- Calendrier de collecte des primes prédateur :


